Pourquoi les entraîneurs étrangers « fuient » les Verts

17:44  samedi 15 octobre 2016 | Par Mourad Zemmouri | Actualité 
©SIDALI DJARBOUB/NEWPRESS

Il y a des signes qui ne trompent pas. La Fédération a du mal à recruter un entraîneur de renom. Est-ce à dire que l’Équipe nationale n’attire plus les grands techniciens ? Il y a sûrement de cela, mais pas que.

Trop de pression autour des Verts, trop d’interférences, trop d’instabilité, il est quasiment impossible de pouvoir y travailler dans la sérénité pour n’importe quel coach. Malgré la sollicitude et l’insistance du Président de la République en personne, l’on se souvient, Vahid Halilhodzic a préféré aller exercer son métier sous d’autres cieux plus calmes, moins passionnés.

Christian Gourcuff son successeur, a jeté l’éponge à son tour, n’ayant pas compris son rôle exact dans un organigramme où il n’avait pas vraiment les coudées franches. Quand on a un président omnipotent, souvent on se sent en marge. Le technicien breton ne voulait apparemment pas se contenter des matches officiels et d’organiser des stages sporadiques pour l’équipe. L’hostilité du public et des journalistes a fini par l’écœurer, d’autant qu’il n’a pas trouvé le soutien nécessaire chez son employeur.

L’intermède Rajevac est plus significatif. Un record de brièveté, poussé vers la sortie par ses propres joueurs. Le coach serbe a vite compris qu’il n’avait rien à faire dans ce milieu qui n’est pas le sien. Un épisode malheureux qui a jeté définitivement le discrédit sur une sélection en mal de repères.

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S’approcher des Verts, c’est prendre le risque de se brûler les ailes. L’on comprend dès lors pourquoi les prétendants, du moins les entraîneurs cotés, ne se bousculent pas au portillon. Laurent Blanc et Rudi Garcia qui pourtant ne sont pas des sommités dans le métier, ont décliné l’invitation. Des émoluments conséquents auraient pu les convaincre de mettre de côté leurs appréhensions et se laisser tenter par une aventure exotique. Les mercenaires dans ce domaine sont légion. Mais même sur ce plan, la FAF n’est plus en mesure d’offrir des salaires à la hauteur de ses ambitions.

Du coup, son champ de manœuvre se rétrécit comme une peau de chagrin. Elle est contrainte de se rabattre sur des coachs « casse-cou » qui n’ont plus rien à perdre, à l’image de Rolland Courbis ou aller chercher des techniciens « oubliés » comme Alain Perrin.

On est réduit à ça.

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